Les titres de Zaynab binte Ali (ahs)

zaynab-10La propagation, l’avance et la perpétuation de l’Islam sont le résultat des efforts scrupuleux de Hazrat Ibrahim (as), Hazrat Moosa (as), Hazrat lsa (as), Hazrat Mohammed Mustafa (saww), Hazrat Abu Talib (as) et Hazrat Ali (as). C’est grâce à leurs exhortations continuelles, leur patience sans faille, leur tolérance et leur détermination que l’Islam est devenu ce qu’il est.

De la même façon, leurs pas ont été emboîtés par Janabe Sarah (ahs), Hajarah (ahs), Aasiyah binte Muzahim (ahs), Safura (ahs), Janabe Maryam (ahs), Janabe Khadija (ash), Janabe Fatema Zahra (ahs.) Leurs sacrifices brillent comme des étoiles dans l’horizon de l’histoire. L’un des personnages qui ont contribué à cette série de sacrifice salvatrice de l’Islam fut la sœur de l’Imam Hussayn (as) : Janabe Zaynab binte Ali (ahs). L’arbre de l’Islam qui fut planté par les Infaillibles du Prophète (saww) fut cultivé par leurs sacrifices à tous.

Tandis que ses adversaires historiques tentaient par tous les moyens d’arracher les racines de l’Islam, Imam Houssayn (as) les protégeait par ses initiatives et ses sacrifices. Et Janabe Zaynab (ahs) contredisait et humiliait publiquement les oppresseurs dans chacune de leurs cours fastueuses, proclamant l’échec de toutes les tentatives pour détruire l’Islam, et cela jusqu’au jour de la Résurrection. Cette grande dame, par son éloquence, son courage et sa noblesse, contribua à faire de l’Islam un arbre éternellement verdoyant et fleurissant.

Le titre que porte un individu est le reflet de sa nature. Il en est de même pour les grands personnages et pour les savants.

De nos jours, la norme a quelque peu évolué, car les adeptes auront tendance à donner des titres dans l’intention de ne pas blesser la personne concernée. Les grands savants de l’Islam ont mentionné quelques-uns des titres les plus courants de Janabe Zaynab (ahs). Voici donc quelques-uns de ces titres et leurs interprétations.

Zaynab

Zaynab était le prénom qu’elle a reçu par décret divin. C’est la combinaison de deux mots : « Zayn » (parure) et « Ab » père autrement dit, la parure du père. Toute chose est ornée conformément à sa position et à son prestige. Ainsi on ne pourra pas comparer la décoration d’une hutte et d’un palais ou la parure d’un roi et d’un roturier. Si l’on reste dans cette logique, une mosquée et une maison n’auront pas une décoration identique et il n’est absolument pas curieux de voir que la Sainte Kaaba ne soit pas parée comme une mosquée ordinaire. Ce sont là des exemples matériels facilitant la saisie du concept de l’ornement, mais le but n’est pas de mettre l’ornement spirituel et l’ornement matériel sur un même niveau.

Le véritable ornement d’un être humain ce sont ses mérites et son excellence. La sainte personne d’Imam Ali (as) est un ensemble d’attributs estimables et de qualités d’excellence. Si une personne est douée d’un tel caractère, que dire alors de celle qui est considérée comme étant sa parure et à quel point leurs personnalités doivent être très similaires! Certains écrivains ont écrit qu’il y avait une telle complicité entre père et fille, un tel attachement et lien tel entre eux que même la lettre Alif ne pouvait les séparer. Et c’est la raison pour laquelle le mot « Zaynab », en arabe, est écrit sans le Alif entre le « Zayn » et le « Ab ». Ali était la parure de l’excellence et Zaynab celle de Ali.

Waliyatul Allah

Wali signifie leader et détenteur de l’autorité. Si cette autorité se limite à la Sharia alors le titre approprié sera « Wilayate Tashriee » et si l’on étend le concept à tout l’univers, alors on parle de « Wilayate Takyinee. » Une personne possédera d’autant plus d’autorité que son caractère et sa personnalité seront de grandes qualités. Janabe Suleyman avait autorité sur le vent tandis que son vizir Aasif bin Barkhia avait le pouvoir de transporter d’un lieu à un autre le trône de Bilquees le temps d’un battement de sourcil.

Le Prophète (saww) trancha la lune en deux et Hazrat Ali (as) fit revenir le soleil alors qu’il était en train de se coucher. Janabe Zaynab (ahs) porte le titre de « Waliyatul Allah » autrement dit, elle possède l’autorité sur l’univers et plus encore elle a autorité sur cette autorité en question… Pour voir une démonstration typique de son pouvoir, il suffit de repenser à son intervention à Kufa : elle souhaitait délivrer son sermon, mais l’air était saturé par les bruits assourdissants et la cacophonie déchirante, aussi bien des hommes que des animaux. Personne ne pouvait contrôler cette foule bruyante.

Un conteur décrivit par ces mots la nature du pouvoir de Janabe Zaynab (ahs) : « Au moment où Zaynab bin Ali fit un signe de la main vers tous ces gens, leur respiration se ralentit et les cloches qui pendaient au cou des animaux cessèrent de résonner‚… » (Maqtal At Husain, Al Muqarram, pg 311, Printed at Al Bethata Press.)

Cet incident est une démonstration de l’autorité naturelle de Janabe Zaynab (ahs) : le simple geste de cette dame, qui est une captive aux yeux de la population en présence, parvint à contrôler l’anarchie qui régnait sur la place. Le Qur’an décrit de la manière suivante les qualités des proches de Allah :

« En vérité, les bien-aimés d’Allah seront à l’abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés » (Yunus 10 :62)

Janabe Zaynab (ahs) resta patiente dans ces instants éprouvants, qui auraient défait le plus valeureux des hommes : ils auraient perdu patience, devenant irritable. Mais sa patience et son calme l’aidèrent à consoler tout un chacun. Après la dévastation du camp d’Imam Houssayn (as), à la vue des corps non recouverts des martyrs, Imam Zaynul Abideen (as) s’était écroulé, pleurant abondamment, affaibli par la maladie : là c’est à nouveau Janabe Zaynab (ahs) qui le consolera et prendra soin de lui, lui rappelant cette tradition qu’elle avait apprise de son grand-père : « Allah fera bâtir des mausolées en ces lieux et les gens viendront pour effectuer la visite pieuse. »

Malgré ces pouvoirs quasiment illimités, agir avec patience est l’un des traits de qualités d’un « Waliyatul Allah. » À cette occasion, elle resta une fière parure d’Ali (as), car malgré son pouvoir elle se résigna à être menée, une corde nouée au cou dans l’intérêt de la sauvegarde de l’Islam, ni plus ni moins.

Aminatul Allah

Il y a une différence colossale entre la conviction nécessaire pour respecter les choses matérielles du genre humain et celle indispensable pour le respect des secrets divins. Il faut une détermination et une patience gigantesque pour préserver les secrets divins et seuls le Saint Prophète (saww) et les Imams (as) sont à même de les porter. À part les Massoumines personnes ne peut assumer une telle charge.

Mais Imam Hussayn (as) assigna cette très lourde responsabilité de la préservation du leadership divin et de la vice-gérance à Janabe Zaynab (ahs). Si cet épisode met en valeur le statut sublime de bibi Zaynab (ahs) alors elle prouve aussi son infaillibilité, car nul individu normal donc faillible ne peut protéger les secrets de l’Imamat. On peut se demander pourquoi Imam Hussayn (as) a révélé ce secret qui est finalement celui d’Imam Zaynul Abideen (as).

L’Imamat est l’une des manifestations de la foi : elle a reçu cette charge afin de protéger et d’aider l’Imam de son temps, son neveu Zaynul Abideen (as). Lorsque l’ennemi tenta par deux fois de l’assassiner, c’est elle qui s’interposa. Elle succède ainsi à sa mère, bibi Fatema (ahs) qui sauva un jour la vie de Hazrat Ali (as) à Médine.

Allons plus loin; protéger l’Imamat de son neveu, c’est aussi protéger la source de l’Islam autrement dit le message et les valeurs islamiques. Et pour finir, c’est protéger la mémoire de cette tragédie.

Aalematun-Ghaira Muallamah Wa Fahimatun Ghaira Muffahamah

Une savante sans précepteur et une intellectuelle sans instructeur : Janabe Zaynab (ahs) était une savante sans avoir eu à apprendre et une intellectuelle aux connaissances infuses. Ce titre lui a été donné par son neveu et Imam de son temps Imam Zaynul Abideen (as). Elle possédait un savoir qui lui a été accordé par la grâce divine : « Ilme Ladunni ». Et Allah accorde un tel honneur à ceux qui en sont réellement dignes. N’est-ce pas là une nouvelle preuve de sa grandeur? Qui peut comprendre la position qu’elle a reçue d’Allah, ce don du savoir divin?

L’importance du savoir et de la connaissance est évoquée de manière récurrente dans le Qur’an et la Sunna. Et ce titre est un symbole du statut auquel l’Islam veut élever les femmes qui possèdent le savoir. Mais posséder un savoir n’est pas suffisant : encore faut-il l’utiliser dans le chemin d’Allah. Janabe Zaynab (ahs) en montre la voie à travers les sermons qu’elle délivra à Kufa puis à Sham : ces sermons étaient le reflet de son esprit, dans le prolongement des sermons de son père Ali (as) et de sa noble mère Fatema (ahs). Malheureusement, le meilleur des traducteurs aura du mal à rendre avec fidélité toute la puissance et la richesse de ces sermons.

Ceux qui écoutèrent le sermon de Janabe Zaynab (ahs) et qui ont eu le privilège d’écouter l’Imam Ali (as) s’exclamèrent « Ali est-il revenu d’entre les morts? » Son style, son discours, son expression, la profondeur de sa pensée, tout est le reflet de Ali (as).

Sharikatul Husain

Janabe Zaynab (ahs) a accompagné son frère dans chaque étape cruciale de son Imamat. Dans ses veines coulait le même sang que son Imam et frère Houssayn (as). Elle traversa avec lui chaque difficulté et chaque désastre : être aux côtés d’un Imam infaillible n’est pas un honneur insignifiant et accessible au premier venu. La manière dont elle assuma ses responsabilités aux côtés de Houssayn (as) lui valut ce titre unique.

Kaabatu Rezaya

Rezaya est le pluriel de Raziya qui signifie catastrophe majeure. Janabe Zaynab (ahs) est la Kaaba de la calamité. En effet, le malheur et les difficultés ont toujours jalonné la vie de cette illustre dame : la mort du Prophète (saww) et l’usurpation qui en suivit, la séparation de sa mère, l’assassinat de son père, celui de son frère Hassan (as) et le massacre de ces êtres qui lui étaient chers à Karbala. Ils étaient tous plein de vie au lever du jour et au coucher du soleil, toute la descendance a été décimée en seulement une journée. Un chagrin immense s’était substitué à la présence de ceux qu’elle aimait. Puis ce fut la horde des tribulations : de Karbala à Kufa, de Kufa à Sham, de Sham à Karbala pour enfin rejoindre pour quelques temps la terre de ses ancêtres, Médine.

Enflammer un rideau de la Kaaba c’est comme arracher le voile de Janabe Zaynab (ahs), catapulter des pierres sur la Kaaba c’est comme fouetter avec rigueur le dos de Janabe Zaynab (ahs), déshonorer la Kaaba c’est comme humilier Janabe Zaynab (ahs) en la menant de ville en ville pieds et poings liés : toutes ces atrocités n’ont pas terni la grandeur de la Kaaba bien au contraire, son honneur en a été d’autant plus accru. De la même manière, toutes ces tortures et toute cette oppression firent que montrer à l’humanité la grandeur des Ahlulbayt (as) précipiter la disgrâce de leurs ennemis.

De nos jours, les rideaux de la Kaaba existent de même que survit le voile à l’honneur de Zaynab (ahs). À nous de le faire vivre éternellement…

Préparé et proposé par www.al-misbah.org 

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