Le poids de l’éducation dans l’Islam

ducation-2Cette nuit dédiée à Aun et Muhammad est pour moi un prétexte pour aborder un sujet crucial et central de l’Islam : l’éducation. Nous n’aurions pas eu Aun et Muhammad s’ils n’avaient pas reçu cette éducation exceptionnelle de bibi Zaynab (ahs). Vous devez vous dire « Encore! Nous y avons droit tous les ans! » Eh oui, car c’est un vaccin dont le rappel est annuel. Mais on va essayer d’aborder la question autrement.

Partons d’un constat simple ou devrais-je dire, commençons par une évidence : nos enfants se comporteront avec nous et en société conformément à l’éducation que nous leur donnerons. Et cela, je pense très sincèrement que nous n’en avons pas encore pris toute la mesure et l’importance. Pourquoi tant de poids donné à cette question d’éducation : Pour y répondre je vous propose de méditer sur les extraits suivants :

  • Épître sur les droits en Islam de notre Imam Sajjad : « Le droit de ton enfant c’est que tu saches qu’il est de toi et que le bien et le mal qu’il fera te sera attribué dans ce monde et dans l’autre et que tu es responsable de ce que tu lui as appris de bonnes manières et de la connaissance de Dieu et que tu l’aides à être obéissant envers Dieu et envers toi, soit récompensé par cela ou soit châtié. Agis avec lui de telle façon qu’auprès de son seigneur, tu sois pardonné par la bonne éducation que tu lui as donnée, et la récompense divine te soit offerte par lui. »
  • Notre Saint Prophète (saww) a dit : « le fils vertueux est l’une des roses du paradis. » Il dit aussi : « L’héritage que Dieux obtient du croyant est un fils qui adore Dieu après le décès de son père. Et le meilleur héritage qu’un enfant peut recevoir de son père c’est la bonne éducation et la politesse. »
  • Le Saint Coran sourate 66 (At-Tahrim), verset 6 : « ô vous les croyants préservez votre famille et vous-même contre un feu dont le combustible sont les hommes et les pierres… »

Après les preuves démontrant l’importance de l’éducation au regard de l’Islam, je vous invite à regarder de plus près les thèmes ou les sujets à enseigner à nos enfants. Faute de temps, nous n’aborderons pas ce sujet dans le détail. Nous nous focaliserons donc sur deux idées principales.

D’abord la formation de la foi de l’enfant : la transmission de la foi est l’un des socles fondateurs de l’enfant. Il est essentiel d’inculquer dans leurs esprits les concepts religieux et de les amener à la foi par l’enseignant des principes et des messages de l’Islam. Cette transmission ne pourra pas se faire de manière coercitive c’est-à-dire en leur obligeant d’apprendre bêtement et brutalement les choses. Apprendre sans comprendre et avec rudesse conduit aux extrêmes : on peut finir par ne plus croire en l’Islam ou mal le croire… À chaque étape de la transmission du savoir, il faudra s’assurer que l’enfant comprenne la finalité des préceptes et des principes qui lui sont enseignés.

La foi d’un enfant est quelque chose de fragile : il suffit de peu de chose pour qu’elle soit totalement ébranlée. À l’adolescence, la confrontation avec le monde est brutale et elle amènera de nouvelles questions et la remise en question de beaucoup d’idées auxquelles il croyait étant plus jeune. Il faut donc une véritable base spirituelle et un accompagnement jusqu’à sa maturité. Chaque question posée doit être l’occasion pour nous adulte de renforcer la connaissance et la foi de l’enfant.

Parlons à présent de l’éducation sociale : nous vivons en société et à partir de là il y a un ensemble de règles et de principes de bon comportement qui doivent être enseignés à nos enfants comme le respect des aînés, des personnes âgées, la bonne tenu en public, etc. Avant d’être nos reflets, nos enfants sont le reflet de l’Islam : beaucoup trop souvent, on voit des jeunes mal agir et le coupable qu’on pointe du doigt c’est l’Islam! Ce que l’Islam attend ce sont des individus qui soient exemplaires dans leurs façons d’aborder les défis auxquels l’Islam fait face. Et ce ne sont pas les défis qui manquent, qu’ils viennent de l’extérieur ou de l’intérieur de la communauté.

L’exemplarité, la réputation et l’intégrité des musulmans s’expriment finalement par des attitudes toutes simples et dans les circonstances les plus anodines : dans le métro en laissant sa place à une femme enceinte ou à une personne âgée, dire bonjour en entrant dans un ascenseur où il y a du monde, en étant respectueux envers ses professeurs à l’école ou au madressa.

La question toute naturelle que l’on peut se poser est la suivante : à qui incombe la responsabilité de l’éducation des enfants? Avant même de parler des rôles de la communauté, des enseignants ou des fréquentations, nous allons nous attarder sur le rôle des parents. Sans aucune surprise et comme vous le savez, la première école d’un enfant c’est le foyer familial, la maison où il grandit. C’est dans ce lieu que la personnalité et l’intelligence de l’enfant vont s’éveiller et où son caractère va se développer. Jusqu’à l’adolescence, les enfants ont une confiance aveugle en leurs parents. Ils sont un modèle à suivre. Ils ont foi en la justesse de ce que les parents leur apprennent. Sayed Mahdi as-Sadr, dans son livre intitulé « l’éthique de la famille du Prophète » écrit la chose suivante : « le comportement et les morales des parents ont le plus grand rôle dans le développement et la maturité de la personnalité de l’enfant. En conséquence, les parents doivent se comporter comme des exemples idéaux pour leurs enfants afin que leurs traits se reflètent sur les mentalités des enfants. »

Je ne vais pas rappeler ici le rôle de la mère dans cette éducation. Comme on le sait, elle est le premier madressa et sous les pieds des mères se trouvent le paradis. Mais parlons du père. Toujours Sayed Mahdi as-Sadr : « les pères sont responsables de la discipline vertueuse de leurs enfants afin de les préserver de toute forme de corruption sociale, religieuse et intellectuelle. Les pères doivent commencer à éduquer leurs enfants avant que leurs yeux ne s’ouvrent sur de mauvaises habitudes et des comportements immoraux. »

Quand je préparais ce sujet, j’ai pris conscience de la grandeur de notre responsabilité de parent. Si nous ratons l’éducation de nos enfants, nous et nos enfants en subirons les conséquences dans ce monde, mais aussi après la mort : le mauvais comportement de nos enfants aura une conséquence sur la communauté, mais aussi sur l’image de l’Islam. Je vous laisse donc avec ces quelques questions : sommes-nous suffisamment armés pour honorer nos responsabilités de parent? J’espère que oui. Laissez-moi finir par ce doua extrait du Sahifa-e-Sajjadiya (où j’ai remplacé les « je » par des « nous ») :

« Assainis pour nous le corps de nos enfants, leur religion et leur morale; donne-leur la santé au niveau de l’âme, de leurs membres et tout ce qui nous préoccupe à leur sujet. Rends-les pour nous aimables, bienveillants, entreprenants à notre égard, loyaux, obéissants et non pas désobéissants, réfractaires, opposants et pécheurs. Aide-nous à les élever, à les éduquer et à protéger note descendance du démon maudit. »

Préparé et proposé par www.al-misbah.org (Muharram 2010)

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