Discours (kutba) de Janabe Zaynab (ahs) à Damas

zaynab-1Yazid était en train de jubiler en raison de sa victoire sur Imam Hussayn (as) et de louer sa supériorité sur celle du Prophète (saww) tout en ridiculisant Imam Hussayn (as) en tapotant avec une canne les dents de la tête très endommagée d’Imam (as). Soudain Janabe Zaynab (ahs) s’éleva de sa place et avec un ton solennel, plein d’autorité elle s’adressa directement à Yazid :

Louange à Allah, Seigneur des mondes et que la bénédiction soit sur le Messager de l’Islam et sa descendance immaculée. Gloire à Allah, Le véridique (par Ses paroles) :

« Mauvaise fut la fin de ceux qui faisaient le mal, ayant traité de mensonges les versets d’Allah et les ayant raillés. » (Al-Rum 30 : 10)

Que croyais-tu donc ô Yazid ! Qu’espérais-tu en nous privant de l’étendue de la terre et des cieux et en nous gardant en captivité de la sorte ? Pensais-tu que nous serions méprisables à la vue d’Allah, croyais-tu que tu pouvoir jouir d’une quelconque estime devant Lui ? Ou bien est-ce que tu penses avoir gagné le respect de toi-même ? Tu te glorifies avec arrogance d’un succès bien apparent, te ventant de ta personne gaiement et avec exubérance. T’imaginais-tu donc que le monde s’était soumis à toi, que les choses s’étaient harmonisées selon ta convenance et que notre autorité et notre grandeur étaient devenues tiennes ? Détrompe-toi ! Mais attends donc ! Sois patient !

Aurais-tu à ce point négligé les paroles d’Allah l’Omnipotent, le Majestueux :

« Que ceux qui n’ont pas cru ne comptent pas que ce délai que Nous leur accordons soit à leur avantage. Si Nous leur accordons un délai, c’est seulement pour qu’ils augmentent leurs péchés. Et pour eux un châtiment avilissant. » (Al-’Imran 3 : 178)

Ô fils d’esclaves libérés ! Crois-tu être juste en demandant à tes femmes et tes servantes de se couvrir tandis que tu retiens prisonnières les filles du messager d’Allah ? Tu as violé leurs voiles, exposant leurs visages aux yeux des inconnus et des gens de ce pays, tes soldats les trainant de ville en ville. Leurs visages ont été découverts au regard de ceux qui leur sont proches et éloignés, humbles ou nobles. Elles (les femmes) n’ont ni gardien ni protecteur, ni même de défenseur.

Comment peut-on croire être bon, toi le fils de celle qui fit arracher le foie de ces hommes purs et qui étancha sa haine avec la chair de ces martyrs. (Une allusion est faite ici à l’assassinat de Janabe Hamza, oncle du Saint Prophète [saww], dont le foie a été arraché puis mangé par la grand-mère de Yazid, la femme d’Abu Sufiyan, Hind.)

Comment une personne qui regarde les gens de la famille du Prophète avec ressentiment et hostilité, avec aversion et malice, pourrait-elle ne pas arborer de la haine à notre égard ? Yazid, as-tu songé à ce que peut penser le Messager de Dieu en nous voyant dans cet état ? Et tu oses réciter sans culpabilité et gravité qu’ils (les mécréants vaincus à Badr) auraient fait bon accueil et auraient approuvé heureux. Puis ils auraient dit : ô Yazid ne t’arrête pas en versant le sang de la progéniture de Muhammad (que la paix et la bénédiction d’Allah soit sur son Messager et sur sa descendance), les étoiles brillantes de la terre parmi la descendance d’Abd al-Muttalib ? Tu en appelles à tes ancêtres en te lamentant ? Non ! Bientôt tu seras parmi eux, regrettant toutes ces paroles que tu as dites et toutes ces choses que tu as faites.

Allah, récupère pour nous nos droits et venge-nous de ceux qui nous ont oppressés ! Fais descendre ta colère sur ceux qui ont répandu notre sang et assassiné nos gardiens. Par Allah, ce n’est nul autre que ta propre peau que tu as tailladé et nul autre que ta propre chair que tu as lacéré. Bientôt tu retourneras vers le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui et sa descendance) avec ce poids que tu as supporté en répandant le sang de sa progéniture et souillant sa sainteté en décimant sa descendance et sa chair ! Viendra le jour où Allah les réunira, ordonnant l’ouverture de leurs affaires et restaurant les droits de chacun.

« Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus et joyeux de la faveur qu’Allah leur a accordée » (Al-’Imran 3 : 169) Il te suffit que ce soit Allah qui te jugera, que Muhammad (que la paix soit sur lui et sur sa descendance) soit ton ennemi et Gabriel te demandera des comptes ! Bientôt ceux qui t’ont permis de contrôler et de diriger les musulmans sauront : « quel mauvais échange pour les injustes ! » (Al-Kahf 18 : 50)

« Alors, ils sauront qui a la pire situation et la troupe la plus faible » (Maryam 19 : 75)

Ce sont les calamités qui me forcent à te parler ainsi. Car je méprise ta puissance et je trouve que c’est t’accorder trop d’importance que te faire des reproches et te faire trop d’honneur que de te réprimander. Mais les yeux sont en larmes et les poitrines en feu ! Combien étonnant que tu aies pu prendre l’initiative de tuer les éminents partisans de Dieu par les partisans des relâchés (au moment de la victoire de la Mecque) du démon ! En nous prenant en butin, tu ne vas pas tarder à découvrir que tu es perdant, au moment où tu ne trouveras que ce que tes mains ont présenté.

« Quiconque fait une bonne œuvre, c’est pour son bien. Et quiconque fait le mal, il le fait à ses dépens. Ton Seigneur, cependant, n’est point injuste envers les serviteurs. » (Fussilat 41 : 46)

C’est auprès d’Allah que l’on se plaint et c’est Lui qui a autorité dans l’adversité et dans l’aisance. Alors, use de tes stratagèmes, déploie des efforts et montre ton hostilité avec force ! Par Dieu, tu n’effaceras pas notre mémoire et tu ne feras pas mourir notre révélation ! Tu ne connais pas notre terme et tu ne te débarrasseras pas de cette infamie. Et qu’est-ce ton avis si ce n’est une erreur ? Tes jours sont comptés et ton regroupement sera éparpillé.

Viendra un jour où un requérant viendra pour annoncer :

« Que la malédiction d’Allah (frappe) les injustes » (Hûd 11 : 18)

Louanges à Allah qui a achevé pour le premier d’entre nous par le bonheur et le pardon et pour le dernier d’entre nous par le martyr et la miséricorde, car il est très Miséricordieux, Affectueux et Il tient nos comptes. Ô quel bon dépositaire !

« Allah nous suffit ; Il est notre meilleur garant » (Al-’Imran 3 : 173)

Extrait de Lamentations—Part III
Traduit, préparé et proposé par www.al-misbah.org

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