Biographie succinte du 11ème Imam Hassan al-Askari (as)

imam-askari-1L’Imam Hassan ibn ibn Ali al-Askari (as) est né à à Médine le 10 Rabiul Akhar 232 Hijri (6 déc. 846 AD) et assassiné à Samarra le 8 Rabiul Awwal 260 Hijri (4 janv. 874 AD) à l’âge de 28 ans.

Samarra était une ville de garnison située à environ 90 kilomètres de Bagdad. Elle fut bâtie de chaque côté des berges de la rivière Euphrate et en raison des reliefs environnants, le climat qui y régnait était plus frais que celui de Bagdad. Le mot « askar » en arabe est utilisé dans le registre militaire, expliquant le titre de notre 11e Imam (as), « Askari », celui qui vivait dans une ville de garnison. Une autre histoire est relatée par les historiens à propos de ce titre. Un jour, le calife le convoqua dans son palais et il ordonna à son armée de défiler devant Imam (as) pour lui montrer sa puissance et pour dissuader toute velléité de rébellion contre le califat abbasside. Le défilé terminé Imam (as) demanda au calife de regarder entre deux de ses doigts. Ce que le calife vit c’est le défilé d’une immense armée bien plus imposante que la sienne. Il fut interloqué par ce miracle et il donna à notre Imam le titre de « Askari », c’est-à-dire l’homme à la grande armée.

Imam Hassan Al-Askari (as) passa la majeure partie de sa vie à Samarra, dans la maison où son père Imam Ali Al-Naqi (as) fut maintenu en résidence surveillée. Malgré cette surveillance rapprochée, il assuma depuis cette « prison » toutes ses responsabilités et ses devoirs. Il enseigna à ses adeptes le Qur’an et les véritables préceptes de l’Islam comme le Prophète (saww) et ses Ahlulbayt (as) l’instruisaient. En fait, Imam Hassan Al-Askari (as) rédigea une exégèse (Tafseer) complète du Qur’an. Ce livre d’interprétation fut cité par de très nombreux savants, érudits, historiens et exégètes tels que Kulaini ou encore Saduq.

Même assigné à résidence, l’Imam ne connut pas la paix. Il fut très souvent emmené à Bagdad afin d’y être interrogé et emprisonné. Lors de l’une de ces rafles, Imam (as) y fût conduit par les gardes turques et maintenu en prison durant la courte période de califat de Al-Muktadi et celle de Mu’tamid après lui. Durant sa captivité à Bagdad, une sècheresse importante va s’abattre sur la région. La pluie n’était pas tombée depuis plusieurs jours et toutes les cultures étaient en train de s’assécher.

La population faisait face à une famine et ils ne savaient que faire. Un prêtre chrétien arriva afin de sauver la situation. Il étendit en priant ses mains et la pluie commença à tomber. Le calife fut très intéressé par cette histoire, car il redoutait que cet épisode n’encourage les gens à se détourner de l’Islam pour devenir des chrétiens. Lorsque l’Imam (as) fut consulté : il annonça qu’il enlèverait le doute de l’esprit des gens le jour où ils se réuniraient pour assister à ce soi-disant miracle réalisé par ce prêtre chrétien. L’Imam (as) fut donc autorisé à quitter la prison pour se rendre à cette assemblée. Imam (as) était là, debout dans la foule et lorsque le prêtre tendit ses mains pour prier, la pluie commença à tomber. Imam (as) indiqua à l’un de ses compagnons de se saisir des mains du prêtre et de lui rapporter le morceau d’ossement qu’il y tenait caché. Sans cet ossement, le prêtre ne parvint pas à faire tomber la pluie. Lorsque l’ossement lui fut rapporté, Imam (as) déclara que c’était un morceau d’ossement d’un Prophète de Dieu. La pluie était donc liée à cette sainte relique : lever ainsi en prière à Dieu une relique de la sorte, apportait la miséricorde divine et amenait donc la pluie sur ces terres desséchées. L’Imam (as) dissipa ainsi le doute dans l’esprit des gens. L’Imam (as) effectua ensuite une prière de deux rak’ats. Il joignit ensuite ses mains afin d’implorer Allah afin que la pluie retombe à nouveau pour chasser la sécheresse. Les prières d’Imam (as) furent entendues par Allah : la pluie tomba à nouveau en abondance sur ces plaines, la rendant à nouveau fertile (Kulaini, Akhbarus Alam.) En guise de reconnaissance pour ce service rendu, l’Imam (as) fut autorisé par le calife à quitter la prison et à retourner vivre dans sa maison à Samarra, mais toujours sous surveillance. Il n’était toujours pas autorisé à retourner à Médine.

Un récit détaillé du mariage d’Imam Hassan al-Askari (as) a été relaté par Majlisi dans son œuvre Bihar ul-Anwar. Son père Imam Ali Al-Naqi (as) confia cette importante mission à son fidèle ami Bashir Ibn Sulayman. Il prépara une lettre en langue romaine, la scella avec son noble sceau et la rangea dans une petite sacoche rouge avec 220 dinars. Il expliqua ensuite à Bashir ce qu’il devait faire :

« Prends cette lettre et pars pour Bagdad. Arrivé là-bas, rends-toi sur les quais de la rivière Tigre où tu verras un navire en provenance de Syrie déchargée. Trouve le propriétaire de cette embarcation. Il s’appelle Amr. Il sera en train de vendre des esclaves. Tu attendras qu’il présente une jeune esclave vêtue d’un vêtement portant une double épaisseur de soie et d’un voile pour éviter que les acheteurs ne la touchent ou qu’ils ne voient son visage. Tu l’entendras dire en langue romaine les mots suivants : même si possédiez la richesse et la gloire de Salomon, fils de David, je n’aurai aucune affection pour vous alors réfléchissez avant de dépenser votre argent en m’achetant. Et si un acheteur s’approche d’elle, elle dira : maudit soit l’homme qui osera découvrir mon visage. Le propriétaire se mettra alors à protester : ai-je une autre alternative à part te vendre? Tu entendras l’esclave répondre : pourquoi autant de précipitation, laisse-moi choisir celui qui m’achètera, de sorte que mon cœur puisse l’accepter avec assurance et gratitude. À ce moment-là, tu t’approcheras ô Bashir et tu diras au vendeur que tu possèdes une lettre en écriture romaine d’une noble personne qui y parle de sa gentillesse, de sa grandeur et de sa générosité. Tu lui expliqueras que tu dois remettre cette lettre à la jeune fille afin qu’elle puisse accepter d’être achetée par celui qui t’a confié cette missive. »

Bashir rapportera plus tard :

« Lorsque j’ai accompli ma mission et que la jeune fille reçut cette lettre, elle commença à pleurer en la lisant. Elle dit alors à Amr : vends-moi à l’homme qui a écrit cette lettre. Si tu refuses, je serai très certainement mécontente et tu ne réussiras jamais à me vendre à qui que ce soit d’autre. J’ai discuté ensuite du prix avec Amr jusqu’à ce que nous nous mettions d’accord pour la somme de 220 dinars, que mon maître m’avait remise. Lorsque la transaction fut accomplie, la jeune femme me suivit sans protester. En réalité, elle souriait et semblait très heureuse. Dans son euphorie, elle sortit la lettre de mon Imam (as) de sa poche l’embrassa, la posa sur ses yeux puis la remit dans sa poche très soigneusement. Je lui exprimai ma surprise devant sa réaction alors même qu’elle ne connaissait pas le rédacteur de cette lettre. Elle me répondit : puisse le descendant du Prophète dissiper tes doutes. Elle me raconta ensuite les péripéties qui l’ont amenée jusqu’en Irak. »

Bashir raconta qu’une fois arrivés à Samarra, ils se rendirent auprès d’Imam Ali Al-Naqi (as) qui accueillit la jeune femme avec réjouissance. Il lui demanda si elle préférait recevoir 10 000 dinars ou de très bonnes nouvelles. Choisissant la seconde option, Imam (as) lui annonce qu’elle porterait le fils d’Imam Hassan Al-Askari (as), mais surtout que son fils allait être celui qui ferait régner la justice sur le monde. Elle fut ensuite confiée aux soins de la sœur de notre 10e Imam (as), Janabe Hakima. Ce récit, consigné avec détail par Majlisi a aussi été rappelé par shaykh Tusi dans l’un de ses ouvrages.

Imam (as) vécut, tout juste, 28 ans. Et durant cette courte vie, il eut à endurer beaucoup de souffrances des mains des califes abbassides. Malgré cela et le confinement en résidence à Samarra, beaucoup d’étudiants bénéficièrent de son savoir divin et beaucoup devinrent des savants dans leurs domaines de spécialité. Il a de très nombreuses fois débattu avec les gnostiques de son époque sur l’existence de Dieu et les raisons de la nécessité des Prophètes et des Imams. Beaucoup d’athées changèrent d’avis et décidèrent de se convertir à l’Islam. L’un d’entre eux était Isha Al-Kindi, qui était en train d’écrire un ouvrage sur les contradictions du Qur’an. Imam (as) invita quelques-uns des étudiants d’Al-Kindi et leur donna des leçons tirées du Qur’an. Ces étudiants confrontèrent leurs opinions avec ceux de leur professeur, rejetant ses arguments concernant les contradictions de ce Livre Saint.

Al Kindi savait que les arguments défendus par ses jeunes étudiants ne pouvaient être le fruit de leurs propres réflexions. Il les interrogea donc sur le secret de leur connaissance du Qur’an. Ils finirent par confesser que c’était le 11e Imam (as) qui les avait instruits. Al Kindi lui-même détruisit tous ses travaux, renia l’athéisme et devint un disciple de notre Imam (as). Il est l’auteur de nombreux traités islamiques. Les historiens ont répertorié un très grand nombre de savants qui furent à un moment donné, des étudiants d’Imam (as). L’un de ses plus fameux disciples était Abu Ali al-Hasan ibn Khalid, qui prépara un ouvrage sur le commentaire du Qur’an, travail qui peut être considéré comme celui de l’Imam en personne. Imam (as) avait pour habitude de dicter le contenu de ces commentaires à Abu Ali. De nombreux savants ont expliqué que cet ouvrage faisait près de 1920 pages.

Imam (as) n’a jamais essayé de s’immiscer dans les affaires des califes de son temps. Et pourtant, la culpabilité des Abbassides devait être grande pour qu’ils refusent de laisser en paix la noble personnalité de l’Imam (as). Si ce n’est pas la peur de perdre un jour le trône, c’est la peur de l’excellence et du savoir des Imams (as) qui expliquaient leur haine à l’égard des descendants du Prophète (saww). Et c’est cette peur et cette jalousie qui les conduit à empoisonner Imam (as). Son unique activité a finalement été d’enseigner le véritable message islamique. C’est durant le règne de Mu’tamid qu’Imam (as) fût assassiné avec des fruits empoisonnés.

Il rendit l’âme le 8 Rabi-al-Awwal 260 Hijri. Il laissa un fils, Muhammad, seulement âgé de cinq ans. Le calife prit part à la prière funéraire. Tous s’alignèrent et le frère d’Imam (as), Ja’afar, qui avait tenté de profiter de la situation pour se proclamer Imam, s’avancèrent pour conduire la prière. Avant qu’il ne puisse débuter, un jeune garçon de cinq ans sortit de la maison, s’approcha de son oncle, tira le manteau sur son manteau. Il lui dit : « mettez-vous derrière mon oncle, car seul un Imam peut conduire la prière funéraire d’un Imam. » Son oncle Ja’afar recula sur la ligne derrière et ce jeune garçon dirigea la prière. Tout de suite après la fin de la prière, il retourna dans la maison et ne fut pas découvert par ses poursuivants menés par le calife Mu’tamid en personne.

Notre 11e Imam (as) fut inhumé là où il était décédé, aux côtés de son père l’Imam Ali Al-Naqi (as). Avec le temps, ce lieu a été transformé en un grand mausolée où des pèlerins de toutes les origines viennent pour rendre hommage à nos deux Imams (as). Ce lieu exceptionnel fut très malheureusement la cible d’attentat, il y a quelques mois de cela, la cible de personnes malveillantes qui souhaitaient ainsi faire naître la discorde parmi les musulmans d’une part, mais aussi profaner la mémoire de nos Imams (as). Par-delà la mort, nos Imams (as) subissent toujours les affronts de ces hommes qui ont oublié la noblesse et la grandeur des Ahlulbayt (as).

Préparé et proposé par www.al-misbah.org 

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